Accueil du site > Que faisons-nous > Explorations et connivences > Le pouvoir : comment décider et agir ensemble
Prendre des décisions par "consciensus"
mardi 1er janvier 2008 par MAPIC
Navigation rapide
- CONSCIENSUS, p1
CONSCIENSUS
Un état d’esprit
Nous avons tous l’habitude des prises de décisions au vote… qui limitent bien souvent l’argumentation, et en tous cas excluent les éventuelles « appels de conscience » des minorités… Pour que le consciensus fonctionne, il est nécessaire :
* de déterminer précisément ce qui doit être décidé (à quel problème cela répond-il)
* que chacun se sente au service du collectif, c’est-à-dire ait envie que la meilleure solution soit trouvée
* que les diverses propositions ne deviennent pas concurrentes les unes des autres, mais que l’on cherche les avantages et inconvénients de chacune, afin d’en CREER une ensemble, nourrie du maximum d’avantages
que l’écoute soit attentive, réelle (alternance des temps d’écoute et d’expression)
* que l’« ego » soit quelquefois « mis en veilleuse »…
* que chacun se positionne en son âme et conscience sur chaque proposition finale (s’il y en a plusieurs) pour dire s’il est « totalement d’accord » ; ou « pas totalement sûr mais partant » , ou « totalement en désaccord pour telle-s raison(s) » . Les raisons sont épluchées avec la personne jusqu’à trouver une idée qui y réponde…
Un processus
La question, le problème, qui se pose, doit être déterminé précisément, tous ensemble, avec éventuellement quelques pistes de réponses.
Les personnes se retrouvent en petits groupes, pour avoir le temps d’explorer leur argumentation et celle des autres.
Si dans le temps collectif, des avis très tranchés sont apparus, il peut être intéressant de mettre des personnes en désaccord dans chaque petit groupe
Dans chaque petit groupe, une personne est « rapporteuse » : c’est elle qui rapportera les échanges (argumentaires et conclusions) au groupe entier ; elle note ce que chacun dit ; c’est important qu’elle s’exprime (lui laisser le temps) ; et qu’elle reformule au petit groupe ce qu’elle dira au grand.
Au bout d’un temps déterminé à l’avance (et ajusté sur la progression des petits groupes), tout le monde se retrouve en cercle ; les rapporteurs exposent les diverses conclusions ainsi que les argumentaires, puis ils essaient de trouver un accord de la même façon que dans les petits groupes…
Pendant ce temps, les autres personnes n’interviennent pas, sauf précision rapide du propos ; les rapporteurs évitent de citer qui a dit quoi ; et doivent être le plus fidèles possible aux arguments du groupe. En même temps, ils gardent leur capacité d’évoluer, en fonction des arguments de chacun ;
Si les rapporteurs n’aboutissent pas :
- le problème avait peut-être été mal posé (donc, le re-poser !) ; des éléments nouveaux ont pu apparaître… ; il sera alors utile de reformer les petits groupes sur ces données nouvelles…
- un temps de recul (nuit si c’est le moment !) peut être utile pour y voir plus clair !
L’avantage est que les décisions prises ainsi sont très fouillées, et portées par tous. Cela peut prendre du temps, mais il est très vite récupéré dans l’application des décisions ainsi prises.
Les deux déléguées du Nord-Pas de Calais nous ont expliqué cette technique qu’elles ont appelée "conciensus" et nous avons décidé de la pratiquer l’après-midi même (pour le mode de décision à pratiquer pour le week-end). Nous avons donc travaillé en 4 groupes en début d’après-midi.
D’après le compte rendu de la réunion des 15 et 16 mai 2004, en présence de 21 membres de diverses régions.
