Mouvement "appel pour une insurrection des consciences"

L’écolo des villes

Face au défi du changement climatique

jeudi 26 juin 2008 par Antoine

Les villes, c’est à la fois le lieu de vie de 3 français sur 4, et un espace de décision politique. Quand les mesures au niveau national ne répondent pas aux enjeux, quelles orientations prendre localement pour transformer les villes ?

L’hospitalité de la planète pour l’humanité risque bien d’être remise en cause. Les conditions climatiques nécessaires à la vie terrestre sont désormais menacées. Chaque année, les prévisions sont revues à la hausse. Le risque d’emballement ne peut être écarté (rétroaction positive). Plus la banquise fond, plus le soleil réchauffe l’océan (baisse de l’albédo). Or, plus la température de l’eau des océans s’élève, moins ils sont capables de stocker du CO2 dissous. Et, plus il y a de CO2 atmosphérique, plus l’effet de serre est intense et plus la banquise fond, ... etc.

En France, les propositions du Grenelle de l’environnement peinent à se concrétiser.
L’industrie automobile a repeint sa publicité en vert, nous avons des voitures de plus en plus propres et des 4x4 de plus en plus gros ! Il doit y avoir une erreur quelque part.
Côté agricole, là aussi les lobbys sont actifs. La politique des agrocarburants nage en pleine confusion, idem pour les OGM. On voudrait que cela relève des solutions, alors qu’on est forcé d’admettre, du bout des lèvres, que cela crée de nouveaux problèmes.
Reste l’isolation des logements anciens, une promesse difficile à tenir en l’absence de financement. L’Etat n’en a plus les moyens, le citoyen attend les aides. Alors n’en parlons plus !
La politique gouvernementale de l’environnement semble donc avoir fait le choix du spectacle, au détriment de l’efficacité.

En mars dernier, les conseils municipaux ont été renouvelés. N’est-ce pas plutôt de ce côté-ci, et principalement dans les villes, qu’il faut chercher des raisons d’espérer ?
En effet, sachant que les trois quarts de la population française sont des citadins et que l’espace rural est largement structuré par les villes, la politique urbaine et l’action des citoyens de la ville devraient faire l’objet d’une attention écologique toute particulière.

Ce n’est pas un scoop, toutes les infrastructures de transports sont centrées sur les pôles urbains. Le train, l’avion, les autoroutes, les routes nationales, les ports maritimes et les ports fluviaux, sans parler des autres réseaux que sont les gazoducs, ou la fibre optique pour les télécommunications. Résultat, la quasi totalité du commerce mondial transite aujourd’hui par les villes. C’est toujours en ville que l’on vient s’approvisionner, y compris en produits agro-alimentaires. C’est ici que se concentre l’activité, c’est là que la vie culturelle est la plus dynamique.

Prenons l’habitat. C’est un secteur dans lequel on joue sur deux tableaux à la fois. Vivre en ville, c’est d’abord privilégier l’habitat collectif (3 à 5 étages), moins gourmand en surface foncière et plus économique à chauffer. Or c’est, en même temps, se réserver la possibilité d’aller au travail à pieds, ou par les transports en commun. Cette mobilité douce est également accessible pour faire ses courses et se rendre aux activités socioculturelles. La réduction des gaz à effet de serre se réalise donc à la fois sur le chauffage et sur les transports. Les améliorations dans le domaine urbain ont donc immédiatement un effet démultiplicateur.

Inversement, construire une maison individuelle, même bioclimatique, à 30 km de son travail, est une fausse "bonne idée".
Car ainsi, je quitte la ville parce que j’aspire à des conditions de vie plus agréables : calme, air pur, espaces naturels. Mais tous les matins, avec mes voisins les rurbains, nous envahissons la ville en voiture, nous participons à la rendre de plus en plus bruyante et irrespirable. C’est tout de même un comble !

Sachant qu’aujourd’hui, la moitié de la population mondiale est urbanisée et que cela va continuer, il semble bien que le défi du changement climatique ne puisse être relevé que par la mise en place, à grande échelle, d’un nouveau concept urbain, qui rende la ville plus attractive et plus écologique.

- Une ville plus dense en habitat, avec une mobilité plus propre (piétons, cyclistes, véhicules électriques), un grand souci de recyclage et d’efficacité énergétique.

- Une ville plus agréable à vivre, qui sache mieux gérer ses espaces : le bâti, les places publiques, les voies de circulation, les zones d’activité, l’espace naturel (rivière, parcs, tranchées vertes).

- Une ville qui sache éviter le piège du cloisonnement et de la relégation, qui donne toujours plus de place aux relations sociales et à la vie culturelle, freinant ainsi la boulimie de consommation consolatrice.

- Enfin, une ville qui organise mieux ses échanges avec l’extérieur et qui re-localise une partie de ses approvisionnements agroalimentaires.

Voir en ligne : APIC 25

Synthèse urbanisme mai 2008
Première synthèse des échanges sur les villes et l’urbanisme : vous aussi, apportez votre contribution !

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