Mouvement "appel pour une insurrection des consciences"

Pendant la grève générale en Guadeloupe, on mange local !

samedi 9 mai 2009.

Merci à tous ceux, en particulier Christian, qui partagent le fruit de leurs cueillettes sur Internet : denrées bien nourissantes pour notre insurrection de conscience !

- Une explication sur la plus grande mobilisation sociale de l’histoire de la Guadeloupe par un étudiant participant au mouvement, Sadi Sainton. Il nous montre que cela va bien au delà d’une revendication sur le pouvoir d’achat comme on nous l’a présenté dans les médias.
Un cahier de 146 revendications avait été présenté un mois avant le début de la grève par le "LKP" : en créole Lyannaj kont pwofitasyon = "alliance contre le vol et les profits abusifs". C’est une alliance civile inédite de 49 associations.
Les revendications concernent tous les domaines : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et libertés syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l’abus de pouvoir qu’un puissant exerce sur quelqu’un dont il sait déjà qu’il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus subordonné. Cela désigne en Martinique la situation de quasi-monopole d’un petit nombre d’acteurs économiques qui leur permet de fixer des prix 100% plus chers que dans l’hexagone, alors que les coûts supplémentaires liés au transport ne dépassent pas 10% : "du vol organisé" par "Les derniers maitres de la Martinique" (reportage de Canal +, à visionner sur megavideo.com)

- Quand ses amis métropolitains lui demandent comment ils peuvent remplir le frigo au bout de 4 semaines de grève générale, il répond :
"Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximité sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides... MAIS : La Guadeloupe s’organise. L’UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pêcheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grêve : les éleveurs continuent à s’en occuper et à vendre leur viande. La terre n’est pas en grêve : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n’a jamais été aussi plein. Des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grêve et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l’habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leurs revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là. Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n’avons jamais autant consommé local !! Je n’ai pas de purée mousseline, je n’ai plus de pâtes panzani... et alors ? J’ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d’habitude. En fait, je crois que je n’avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie. "

Document complet sur demande (6 pages).

Voir en ligne : Site du LKP

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